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31/01/2012

Quelqu'un avec qui courir David Grossman

tandem1.jpgOn démarre les pages comme dans un roman " de chapeau de roue" ( nouvelle catégorie Acréer ...) Assaf travaille à la mairie, job d'été où il n'a rien ne particulier à faire, et se retrouve avec un chien sans maître, mais particulièrement causant qui l'entraîne fissa dans les rues de Jérusalem, genre flèche wallone. Le but du jeune homme, c'est de retrouver le maître du chien pour qu'il règle l'amende due. C'est tout. Le but du chien, on ne sait pas. Mais Assaf lui court après.

Dit comme cela, on se demande vraiment de quoi ça va causer. Moi aussi d'ailleurs, je me le suis demandé. Mais bon, comme ça court vite, j'ai tenté de suivre. On arrive dans un chateau de princesse, ben oui, en plein Jérusalem de maintenant, sauf que la Belle au bois dormant est une nonne. Une belle petite vieille nonne, un peu agressive au début, mais on peut comprendre, vu que si le chien a l'air de savoir ce qu'il fait là et elle aussi, Assaf ne semble pas prévu dans son antre. Se demande ce qu'il y fait, et nous aussi d'ailleurs. Parce que entre temps, on avait déjà eu affaire avec un vendeur de pizza, ce qui fait que pendant deux chapitres, on a couru après le chien et Assaf aussi, sauf que lui il avait la laisse et la pizza. Nous, on n'a que le livre et c'est déjà pas facile à suivre. Mais la nonne raconte son histoire, bien belle histoire de grèce Antique avec pâtre et Atlantide, et cela nous fait une pause. Et un début de fil, que l'on prend comme un chien peut réclamer la laisse de son maître pour savoir vers où aller.

La citation choisie par l'éditeur pour présenter le livre sur le quatième est "Assaf suivit la chienne et introduisit la clef dans la serrure". C'est assez représentatif, non pas du style mais de la narration, on n'a l'impression qu'il manque un bout entre les deux. Surtout au début. Mais déjà chez la nonne, on commence à comprendre où est le bout qui manque. La maîtresse du chien est donc le nouveau but d'Assaf, mais plus pour lui faire payer une amende, juste pour voir si cette princesse existe. Assaf a commencé à courir trois jours après sa disparition, la narration alterne entre elle, Tamar, si sympathique qu'elle traine pas mal de coeurs après elle, et lui Assaf, moins tourmenté et sans doute plus boutonneux, sans coeurs derrière, si ce n'est un super copain et un autre un peu moins bien, et toujours le chien devant. Et elle, elle court après un autre disparu, un très cher disparu.Ce qui fait que des fois, du conte de fées modernisé, on se retrouve dans le roman pour ado, d'où suinte par moment dans une certaine mièvrerie, il faut l'avouer. Et après la course de vitesse du début, des longueurs de bons sentiments. Les rencontres de Assaf avec les amis de Tamar se succédent, petite galerie de portraits, qui frôlent parfois aussi la caricature.

Et pourtant, j'ai aimé, allez savoir pourquoi ?

Athalie

29/08/2011

My first sony Benny Barbash

imagesCA1RF9S0.jpgVoilà un livre que je ne prêterai à aucune A., non pas qu’il soit franchement  mauvais, mais comme il a été arrosé deux fois copieusement par l’eau de la piscine, il a d’abord littéralement gonflé, doublé de volume avant que les dernières pages ne se détachent complètement et que je ne finisse de le lire avec les deux mains bien accrochées aux dernières phrases de l’histoire, qui en plus donnent une autre résonnance aux précédentes, il aurait été dommage qu’elles ne s’envolent.

Le procédé narratif est complètement artificiel : un petit garçon, Yotam, onze ans, à la famille déglinguée et hystérique, malmenée par les aléas de l’histoire, la grande tragique, et les petites, tragi-comiques, enregistre sur un magnétophone toutes les conversations qui passent à sa portée et comme par hasard, ça fait une histoire …  les querelles politiques, nombreuses , et pour la néophyte que je suis, bien obscures,  mais aussi d’autres plus intimes, pantelantes et pitoyables voire même les silences … ce qui fait de lui une sorte de narrateur de substitution, sauf que c’est quand même tiré par les cheveux et que ça sent son auteur adulte qui fait semblant d’être un enfant, mélange qui ne fonctionne pas toujours, comme une double voix.

Sa famille, on n’en sort pas, et lui non plus, les disputes sont incessantes voire roboratives, on se demande au bout d’un moment comment on peut survivre comme ça, d’ailleurs il a bien du mal le pauvre à trouver sa place parmi toutes ses individualités qui se gargarisent de leur propre  vérité. C’est une autre limite du livre, je trouve, les personnages n’évoluent pas, ils campent des positions. L’histoire se passe en Israël de nos jours, plus ou moins, tous les membres sont représentatifs, ou censés l’être d’un choix ou d’un itinéraire face à la judaïté, le grand père, combattant sioniste de la première heure a rencontré la grand-mère, rescapée des camps, et a vécu avec elle l’arrivée en Israël, les camps de regroupement à Chypre, la lutte contre les anglais. Il croit dur comme fer, à ce que j’ai compris, du moins, en ces valeurs de combat nationalistes qui seraient à présent tenues par la droite. Son fils, Assi, le père du narrateur enregistreur, a « viré à gauche », mais surtout a épousé une tenante de la réconciliation avec les palestiniens, Alma, architecte, militante idéaliste férue des droits de la femme, ce qui évidemment complique avec le grand père pontifiant. Emigrée d’Argentine, où elle a vécu la répression fasciste, elle tombe amoureuse d’un émigré russe, de la vague qui vient d’arriver suite à ce qu’on sait, et a dû se faire circonscrire pour pouvoir divorcer d’un premier mariage non conforme … elle a des copines presque toutes plus libertines ou fidèles les unes que les autres, deux soeurs dont Béatrice, une folle qui a succombé au délire de la persécution. Alma rente de résister au chaos qu'engendre les coucheries incessantes du père, ses doutes d’écrivain, les exigences de ses employeurs, la dêche permanente … faut dire que le père, il assure pas une noisette , égocentrique jusque la kipa,  désespéré par le poids d’un passé qui n’est pas le sien, celui de la Shoah, souvenir qui rôde sans cesse entre les lignes. Je vous passe les autres grands parents, le taré des timbres rares, le fils cadet qui, lui a viré ultra orthodoxe, et hop, on a tout le panel, le prisme des possibles … C’est  quand même parfois drôle, parfois attachant, parfois rien, parfois trop compliqué, les références aux différentes tendances sionistes, moi j’ai lâché, mais quand même j’ai fini mes dernières pages en vrac, et pourtant ce jour là, il y avait du vent.

Athalie