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08/02/2013

La ballade de Sean Hopper Marine Pourchain

34nqh_480x270_1a1e58.jpgBud, le héros, doit avoir quelque chose comme 13 ans, une mère épisodique qui est partie chercher la gloire ailleurs que dans son bled paumé, quelque part entre rien et pas grand chose, un bar à paumés, une supérette sans anti-vol. Bud va de temps en temps à l'école, mais pas souvent quand même. Bud vit avec sa grand mère, une vieille indienne qui lui a appris des choses de la nature, des trucs d'indiens, d'oiseaux, de cailloux et de nuages, avant de se taire.

Comme Bud a peu de choses à faire, finalement, et peu de compagnie, il passe beaucoup de temps à observer son voisinage immédiat, qui se limite à la maison de Sean Hopper, ce qui n'est pas très reluisant non plus.

Dans la maison de Sean Hopper, vit Sean Hopper, sa gentille compagne Bonnie, gentille mais qui ne va pas tardé à se faire la malle, ce qui fait qu'il ne restera plus à Bud que la vague compagnie de Dad, le père de Sean, qui vit au fond du cabanon et ne reconnait plus personne, mais défend ses tablettes de chocolat avec la même obstination qu'il met à fuguer.

Sean Hopper, c'est un vrai méchant. Il est tueur aux abattoirs du coin. Avec d'autres, pas mieux que lui, mais lui, c'est le vrai méchant, à la sale réputation, à la réalité de tueur de vaches convaincu, pas sadique mais froid, il aime ça. Et puis, il boit aussi, trop, évidemment, frappe. Sean Hopper, il s'en fout, de tout ... De lui, de la gentille Bonny, de son père, des autres, il conduit, ivre mort. Et puis un jour, un accident, et Sean Hopper va voir la vie vraiment autrement ....

Un roman qui partait avec un lourd handicap, pour moi : il est estampillé "jeunesse" ( je sais, il y a de très bons livres "jeunesse", dont celui-là fait sûrement parti). C'est l'estampille qui me file de l'urticaire. J'ai fait une overdose, il y a quelques années, pour cause d'injections massives, et là, j'étais en pose jeûne. En plus, la narration, prise en charge par un jeune garçon gentil et naïf, je me suis dit, ça craint le pathos : le jeune en mal d'affection et le méchant paumé, il y a de la rédemption dans l'air, ça sent les ficelles.

Et puis, non, j'ai bien aimé cette ballade du côté de Sean, Bud et Bonnie, sans prétention et bien ficelée, une certaine distance ironique sur les poncifs ( évités, du coup), et puis, il y a quelque chose de "La ballade de Jimmy" de Souchon, alors forcément ...

 

Athalie

 

PS : A.B, tu n'aurais pas des romans jeunesse sous le coude, par hasard ?

 

14/05/2012

Zarbie les yeux verts Joyce Carol Oates

9782070508587FS.gifZarbie les yeux verts a un beau papa, une belle maison, une mignonne petite soeur et un grand frère peu attentif, mais normal. Zarbie les yeux verts est le double "révolté" intérieur de Frankie, l'ado narratrice qui vit dans une grande et belle maison entourée de sa famille géniale. C'est ce que dit et impose le papa génial, à coup de torsions de bras s'il le faut, tout est génial, surtout lui et sa réussite, on fête ses super nouvelles de super promotion à coup de super repas en faisant des super sourires à la télévision ( dans les deux sens, quand il est dedans et quand on le regarde dedans). Faut dire qu'il est un super présentateur sportif, avec une super carrière et que tout le monde l'aime et qu'il encore beau et encore jeune ... Alors quand super papa dit que maman est méchante parce qu'elle veut faire de la poterie peinarde dans son "monde à elle", un bungalow minuscule mais avec des volets bleus et des tournesols peints dessus, dans un village aux pentes douces et aux voisins chaleureux, et bien papa a forcément raison. Sauf que, pas bête l'ado narratrice, il y a des signes que la façade de super papa, elle est quand même lézardée par la racine.

Bon, y'a tromperie sur la marchandise, c'est un roman pour ado, bien fait, mais pour ado. Parce que c'est un peu simpliste tout cela : côté "père de télévision"  : grande maison modernissisme mais en verre et froide comme tout de l'âme, les conventions sociales et le despotisme latent, du côté de la "maman rangée qui tente la femme libérée" : le bungalow chaleureux, la vie de bohème, (mais sage quand même), l'amour sincère et sans façade.

On peut passer sans complexe et sans acné.

Athalie

PS : je viens de vérifier, c'est effectivement un livre publié au départ dans une collection pour ado (la preuve en illustration), je veux bien rester jeune, mais cela aurait été mieux de pas le publier en douce en folio pour grand. Tant pis, je le passerai à ma fille quand les boutons germeront.