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29/06/2011

Le jour où Nina Simone a cessé de chanter Darina Al-Joundi, Mohamed Kamici

Hezbollah_missile_type.jpgSéance de rattrapage, à l'écrit, cette fois, j'ai déjà loupé l'oral : un truc incohérent  et décousu, aussi incohérent et décousu qu'un mezzé râté. Sauf que le mezze, il ne l'était pas lui, moi, si. On pourrait même dire, mais je laisse les copines A seules juges, que j'ai rarement fait aussi foutraque...

Je vais tenter de rendre compte de cette (ancienne) lecture, avec plus de claireté (moins, j'aurais du mal, mais je n'ai pas pris d'apéro, cette fois, je pars confiante ...)

Donc, un bouquin en forme de coup de poing (ce qui pourrait, en plus de l'apéro,  aussi, expliquer l'oral pitoyable), ramassé, dense, intense, plutôt que belle plume et effets stylistiques. C'est quelque chose entre le cri d'une descente aux enfers,  le témoignage d'une intimité qui se déballe. (Je vous rassure, c'est pas du Angot quand même ...). Brutalité d'un texte qui dit ce que la guerre fait aux filles, aux hommes aussi, mais surtout aux jeunes filles, puisque la narratrice en est une au début. A la fin,  plutôt une poupée cassée, explosée.

Elle a été élevée au Liban, est née juste avant que la guerre n'éclate, elle dit rapidement ce Liban multiforme et surprenant, cosmopolite et brillant d'intellectuels et de poètes, mélange de communautés rapidement armées par d' autres puissances et dont les illusions n'étaient qu'illusions.

Son père est ainsi, dans illusion aussi,  d'une bonne cause dans cette guerre, où il se révelera ne pas y en avoir. Cultivé, agnostique, séducteur, il fascine la petite fille, modèle illusoire là aussi, car ce qu'il va lui donner, le goût de la liberté, va l'amener à la perdre et à devoir tricher, finalement. Rapport au père mais aussi à la guerre, quand tout se mélange, les cadavres, les bombes, la faillite des politiques , l'alcool, la fête, la drogue, le sexe et puis, le goût de la guerre, finalement, de la violence. La violence comme dépendance et addiction.

Ce que j'ai trouvé de plus fort dans ce texte, c'est ça : la guerre détruit soit, mais aussi elle donne une structure, et cette structure devient normale. Celle de la paix, la narratrice ne la connait pas, alors tous les excès de la guerre deviennent sa vérité, son existence. Elle ne les remet plus en cause et ils lui manquent, même, lorsqu'ils doivent disparaitre, parce que la paix revient et que tout est fini.

C'est peut-être trop une littérature des "tripes", et en général, j'aime pas trop ça, moi, qu'on me déballe en hurlant son intérieur, cause c'est souvent tout pourri et pas beau à voir, merci, mais là j'avais trouvé que la parole sonnait juste, ça m'avait même fait un peur, en fait ...

Ceci écrit sans apéro ni mezzé, c'est moins drôle, mais peut-être un peu moins foutraque, du moins, je l'espère ...

 

Athalie