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04/03/2012

Petit lexique de Rosa Candida

imagesCADAK4QU.jpgQuelques extraits d'un "petit lexique de Rosa Candida" que j'ai trouvé sur le site de l'éditeur, ( mais qu'est-ce j'allais y faire au départ ... mystère ! ). Avec en exclusivité, le jardin d'hiver de Barbie et Kent, version fermée pour que les roses poussent plus vite ... le plastique, ça adore la chaleur humaine.

Athalie

 

Biologie végétale


« Nous devions sans doute causer de biologie végétale et avant que j’aie pu m’en rendre compte, nous étions en train de nous déshabiller. Tout le reste est resté flou dans ma mémoire. Il m’a semblé pourtant voir brièvement une lueur dans la nuit, étrangement près, comme s’il faisait jour au niveau de la congère. Cela a donné l’espace d’un instant une clarté aveuglante dans la serre, la lumière s’est frayé un chemin à travers les plantes et a dessiné un motif de feuilles sur le corps de mon amie. J’ai écarté les pétales de rose de son ventre et au même instant, nous avons senti nettement tous les deux un courant d’air, comme le bruit d’un ventilateur qu’on aurait allumé. »

Hasard


« Ce que moi j’appelle hasard ou occasion, selon le cas, est pour papa un élément d’un système complexe. Trop de coïncidences, ça n’existe pas, une à la rigueur, mais pas trois ; pas de coïncidences qui se répètent en série, dit-il : l’anniversaire de maman, la date de naissance de sa petite-fille et le jour de la mort de maman, tout ça le même jour du calendrier, le sept août. Pour ma part, je ne comprends pas les calculs de papa ; d’après mon expérience, c’est justement quand on se met à escompter quelque chose de précis, que toute autre chose arrive. Je n’ai rien contre la marotte d’un électricien à la retraite à condition que ses calculs n’aient rien à voir avec ma négligence en matière d’utilisation des préservatifs. »

Rose
« — Rosa gallica, rosa mundi, rosa centrifolia, rosa hybrida, rosa multiflora, rosa candida, énumère frère Matthias.
Tandis que je le parcours avec lui, « Le Merveilleux Jardin des Roses Célestes », tel qu’il est nommé dans les vieux livres, prend corps peu à peu dans mon esprit. Il va falloir commencer par arracher les mauvaises herbes et tailler les plantes — ce qui pourrait prendre deux semaines en travaillant dix heures par jour ; ensuite il faudra élaguer et planter à nouveau. Je choisis déjà un endroit abrité et ensoleillé pour la nouvelle espèce de rose que je vais ajouter. Elle ne sera peut-être pas très visible au début et ne fleurira pas tout de suite, mais ici sont justement réunies les conditions et la lumière pour qu’une nouvelle variété de rose inconnue se mette à pousser dans le terreau fertile. Il n’est pas possible de s’en remettre plus longtemps aux fioles de l’hôpital, on ne peut cultiver éternellement la vie dans du coton. »

Serre
« Je suis bien obligé de me demander comment deux personnes, qui ne se connaissent pas, ont pu faire pour fabriquer un enfant aussi divin dans des conditions aussi primitives et inadéquates que celles d’une serre. Il s’en faut de peu que je n’éprouve du remords. Plein de gens ont tout juste, se courtisent de manière constructive, accumulent peu à peu les biens du ménage, fondent un foyer, ont la maturité nécessaire pour résoudre leurs différends, paient leurs traites à échéance et n’arrivent quand même pas à fabriquer l’enfant dont ils rêvent. »


Trou
« Une fois dans mon lit, entre les draps propres, avec un livre sur la langue que l’on parle autour de moi, je me sens terriblement seul. À vrai dire, je ne comprends pas ce qui m’a pris de venir ici, dans ce trou perdu. J’arrange l’oreiller et m’allonge de manière à pouvoir regarder par la fenêtre dans la nuit noire. Si je ne m’abuse, c’est la pleine lune. J’inspecte mieux le firmament ; il n’y a pas à s’y tromper, la lune est d’une grosseur inquiétante et elle est beaucoup trop proche ; quant à mes étoiles natales, elles ont disparu de la carte, elles ne luisent nulle part ; on voit à leur place d’autres astres hostiles, une configuration stellaire inconnue, un schéma nouveau, indéchiffrable, inscrit sur la noire voûte céleste. »

29/02/2012

Rosa Candida Véra Olafsdottir

ange6213.gifPas facile de noter un livre plume ou papillon dont le titre est le nom d'une fleur. ça fait beaucoup de nature légère tout cela ... ça fait peur de mettre des mots dessus, ils vont peser trop lourds et ça va se casser la figure, si ça se trouve.

Donc juste le titre, un joli titre, le nom d'une rose, variété exceptionelle à huit pétales. Du coup, je me suis demandée combien de pétales avait une rose, cela n'a pas vraiment retardé ma lecture, non plus, vu que je me suis dit que :

  1. C'est un roman.
  2. Sortir vérifier dans mon jardin combien de pétales avaient mes variétés à moi n'était pas productif a) Il fait froid b) Il n'y a pas de roses en fleurs, ce n'est pas la saison, juste un début de camélia maigrichon c) Même si c'était la saison, je me voit mal en arrêt devant mes rosiers pour compter les pétales des fleurs, en plus je suis sûre que le nombre de pétales n'est pas le même pour chaque rose, même sur le même rosier. ( Mais sur ce point, j'accepte la contradiction)

Donc, je me suis contentée de continuer à effeuiller les pages, sans épines non plus, comme la Rosa Candida.

Arnljotur, là c'est le nom du candide héros, vingt deux ans, est père par hasard, au détour d'une halte dans une serre, d'une petite fille aux cheveux blonds, mais rares, sauf un accroche coeur que l'on voit bien sur la photo, celle où elle sort du bain. De la mère, Anna, il sait peu de choses, sauf que dans la serre, en ce quart de nuit partagé, une ombre de plante faisait image sur son ventre, son accroche coeur à elle. Depuis, il ne s'est plus rien passé. Marin au mal de mer, depuis peu orphelin d'une mère qui faisait pousser les roses et savait faire les boulettes et la soupe au cacao, fils d'un père qui tente de faire la même chose, sauf faire pousser les tomates et les roses, et frère jumeau d'un autiste élégant, il a décidé de rejoindre un vieux monastère, quatre frontières plus loin, plus au sud, où un jardin précieux necessite réparation. Il prend son premier avion avec ses boutures de Rosa Candida dans le sac à dos et au sauce verte dans le ventre. Ce qui fait que les débuts hors serre ne seront pas des plus évidents.

Un père enfant, qui fait les choses quelque peu dans le désordre, s'attarde aux bords des choses, des lits, des sentiments, une fille fleur, la sienne,  Flora Sol, un monastère plutôt endormi où les manuscrits passent avant les roses, un moine alcoolique cinéphile mentor improbable qui pense que "La grande bouffe" peut donner des idées de recettes familiales et Antonioni des leçons de psychologie amoureuse, un tableau de l'enfant Jésus, un lièvre à la moutarde, un canard farci, une robe jaune à collerette et un manteau rouge (sans oublier le pyjama avec des myosotis dessus), et quelques rosa candida plus tard, on termine dans une jolie lumière. Aussi jolie que le titre. Et voilà.

Athalie