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12/11/2012

L'étrangère Sandor Marais

l'étrangère, sandor marais,romans,romans hongroisUn roman en plusieurs tableaux et trois actes, et la première fois depuis le peu de temps que je fréquente cet auteur que ne je finis pas un de ses titres complètement enthousiasmée, mais seulement complètement charmée.

Premier acte : une sorte de préambule musical sur le rythme de "Mort à Venise" fait entendre les rumeurs et les bruissements d'une société cosmopolite, sous fond de couverts qui croincent sur les assiettes, petites bourgeoisies en villégiature dans un hôtel qui fut de luxe, au bord de la mer, sur la côte Adriatique. Nous sommes au printemps, et il fait chaud, très chaud pour la saison. Du coup, on bouge immobile. Dans cet écrin un peu lézardé, l'auteur nous cisèle de son écriture un ballet surané : le fabricant de porcelaine allemand, un "type" délicatement parodié jusqu'à la caricature, la belle jeune femme légère qui traîne son "Rilke" jusqu'au terrain de tennis, se détachent de la galerie des estivants, quelque peu échoués là, quand même ... Emerge un petit homme, nerveux, crispé, il reçoit un coup de téléphone, vite, il doit partir, il monte l'escalier, se dirige vers sa chambre, la belle touriste le précède, il hésite, lui a-t-elle vraiment lancé une invitation ? cette hésitation si discrète serait-elle pour lui ? Alors que l'on ne sait rien, tout est joué.

 Deuxième acte : où l'on en apprend un peu plus sur Askenazi, l' homme nerveux, un intellectuel petit bourgeois venu en ces lieux pour se reposer d'un adultère commis avec une actrice de peu. Plus que d'elle, de la vraie femme, ou de sa "faute" sociale, c'est à sa question intime qu'il tente d'échapper. C'est que ça le torture, ce qu'il y a au delà du désir, de la "gymnastique du lit", qu'est-ce fait que la femme, cette étrangère, est un manque qui l'englouti ?

Troisième acte : c'est là que j'ai lâché un peu, la quête m'a intriguée sans que je la comprenne vraiment. Tout ce que je puisse en dire, c'est que le narrateur a peut-être trouvé sa réponse, mais moi, je n'ai plus trop compris la question.

Pas grave, c'est beau quand même, et c'est sans doute moi qui suis trop rationnelle face à cette écriture (sublime, j'insiste) qui a des accents d'un d'un si terrible désespoir, d'une solitude si infinie qu'elle m'en a gênée, à la limite de cette gêne qui serait celle de la lecture d'un vrai journal intime.

 

Athalie

 

Du même excellent auteur sur ce même blog :

http://aleslire.hautetfort.com/archive/2012/08/12/les-bra...

http://aleslire.hautetfort.com/archive/2012/01/22/l-herit...

 

23/01/2012

L'héritage d'Esther Sandor Marais

imagesCA3K05SH.jpgUne pépite ? toute petite et presque discrètement portée sur une robe de deuil, comme une robe de mariée même pas portée. Je ne sais plus où je l'ai dénichée, sans doute dans une vieille armoire qui couinait pour tenter de se faire remarquer, un sachet de lavande éventée et quelques naphtalines plus tard ...

Esther, vieille fille amoureuse mais un petit, un petit peu coincée, quand même, Lajos, un séducteur veillissant ; (pas coincé, du moins pas dans le même coin), un menteur qui a été flambloyant, l'a dépossédée, flouée, aimée, laissée, comme en passant et dans le désordre, ou en même temps, on ne sait pas trop. Il ne reste pas grand chose, de ce temps d'avant, pas de parures, pas de secrets de famille, où alors, de la poussière d'ailes de papillon. Le temps s'est arrêté, une silhouette un peu guindée, dans la solitude d'une maison à la véranda déguingandée : tous les autres sont morts ou presque, reste deux ou trois témoins pour savoir que oui, il y a eu un temps où Esther fut aimée. Si légèrement, mais quand même. Une nounou est restée, lucide et tranchante. Elle sait les mensonges, comme Esther ne veut pas les savoir. Et Lajos revient réclamer son dû, et Esther écoute, frémissante au lieu de continuer à couper ses dalhias. ( Bon, moi, c'est plutôt les pivoines, mais j'ai transposé, pas grave)

Les mots cisèlent, taillent peu, on se languit sans se languir, comme dans un transat bancal. Et puis, c'est déjà fini.

Athalie

PS : une Esther en Barbie, c'est carrement pas possible ... Donc les orchidées ... ou une rose confite parce que Lajos, il en a un peu plein la bouche, quand même, quand ce ne sont pas des serpents !