Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/07/2011

Sukkwan Island David Van

utopia%201.jpgC'est un livre dont j'aurais aimé dire beaucoup de bien, parce que l'auteur, d'abord, il est vachement beau, et qu'en plus, il a l'air un peu tout cassé, genre Boyden, mais en plus jeune, moins massif, un côté ado fragile.  Mais je ne sais trop quoi en penser, au final. Déjà, y'a un côté La route, la relation père-fils, ça fait écho, ça gêne.ça gêne aussi de savoir que le père, le vrai, de David Van, lui a demandé de vivre avec lui en Alaska, que le vrai auteur a dit non, et que son père s'est suicidé quelques temps plus tard. Il (l'auteur) n'a pas dit si cela avait un rapport avec son refus, mais on peut penser que c'est ce qu'il peut penser, forcément. Il dit aussi que c'est le roman de l'autre scénario, celui où le fils aurait dit oui. ça gauchise un peu la lecture, peut-être.

Sur le quatrième, le roman est classé sous l'étiquette "Nature writing", soit. C'est vrai que l'action se situe en Alaska, donc, Alaska oblige, pas beaucoup de monde, mais un plein de solitude, d'arbres, de saumons, un ou deux ours, de la neige, du froid évidemment, du froid. Un père qui demande à son fils de vivre avec lui pendant un an sur une île, rien que tout les deux, c'est plutôt de cette nature dont il s'agit, pas de la beauté des grands espaces, mais du piège de l'espace intime. Le fils qui croyait que son père avait tout prévu, le père figure paternelle angoissante, défectueuse, centré sur ses propres échecs, amoureux, ceux d'avant,  de maintenant. Impudique (enfin, j'ai trouvé), Jim (c'est le père) se sert de Roy (le fils) comme d'une béquille, sauf qu'il n'a que treize ans, le fils. Une sorte de prise d'otage moral, Roy flotte dans cette mission imposée trop grande pour lui, il ne sait qu'en faire. Alors, comme  c'est le début de l'été, il pêche des saumons, chasse des provisions, collabore comme il le peut avec ce père de plus en plus inquiétant, veut fuir, puis reste, puis la neige, puis le huis-clos.

On sent bien qu'on va vers le drame, mais j'ai quand même sursauté quand il est arrivé. Et puis après, ça sonde l'âme, ses lachetés, ses errances. L'écriture est lente, comme retardée par les échos de la neige, comme au rythme d'une marche en raquettes qui n'aurait pas vraiment de fin, ni de but. C'est peut être pour cela que je suis restée à l'extérieur, attendant autre chose que cette sonde douloureuse d'introspection qui ne mène vers pas grand chose en fait, du moins me semble-t-il ... 

Athalie

PS : mais c'est vrai que moi, les relations père fils ...