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15/11/2016

Manuel d'exil, Vélibor colic

velibor colic,manuel d'exil,autobiographie,yougoslavieQuand Vélibor Colic est arrivé à Rennes, il s'est mis à pleuvoir au dessus du banc où il était assis, dans le parc des Tanneurs et il regardait les cailloux blancs de l'allée comme si il étaient neufs. Il a un sac, il a 28 ans, il est soldat, même si il est un ex-soldat de l'ex-armée de l'ex-Yougoslavie, un déserteur croate de l'armée bosniaque, un traître pour tous, et un soldat qui ne veut plus tirer. Son village n'existe plus, sa maison n'existe plus, son passé n'existe plus et sa langue est celle de la douleur. En exil et sans papiers, mais un exilé qui se voit royal, car il est poète. Un poète à la cosaque, à la yougo, entre deux ivresses et une immense tristesse qui le fait royal dans ses rêves, et paumé dans la vie.

Vélibor Colic dit ici, dans cette autobiographie de l'exil, alors que son carnet de soldat n'a pas encore l'écriture des "Bosniaques", ses premières années en France, de son arrivée en 1992, à Strasbourg en 2000, puis un peu plus tard, en Hongrie, en Italie, à Paris, en ces années où la Yougoslavie est à la mode et lui en colère et perdu. Il balade son errance de villes en villes, de cafés en serveuses, il pointe la solitude de celui qui vit dans l'ombre, dans la petitesse, chambres minuscules, suintantes et glaciales pour un espace à peine privé, espaces publics trop vastes, rues arpentées dans ses vieilles bottes en daim quand on ne sait où aller, dans ses vêtements entassés, de tellement seconde main qu'il font que rien n'est à soi. Et même son corps, son visage, surtout, qu'il ne reconnait plus. Avant, il était quelqu'un, maintenant il a la coupe à la mode des années 80, "le joueur de foot est-allemand". Dans cet exil, Vélibor Colic croise d'autres figures d'étrangers, tziganes voleurs, roi de la débrouille, un ex-déporté d’Auschwitz qui cultive son jardin, un concierge d'immeuble qui les soirs d'ivresse fait sa valise de retour, et dont la femme ressuscite le goût des poivrons à l'ail : " Dans mon pays c'est encore la guerre, mais il semble que je suis toujours vivant."

Vélibor Colic a le slave facile, sa nostalgie prend souvent des airs de violons qui beugle aux étoiles, avant de se noyer dans une blague absurde, un pied de nez, une forme d'auto dérision constante qui joue les contre pieds. Il nous égratigne peu, finalement, nous qui regardions les images du siège de Sarajevo, les philosophes et les écrivains qui péroraient sur les plateaux où il fut, une ou deux fois, invité avec eux, eux qui avaient tant à dire sur sa guerre à lui, lui qui peine à transformer sa rage en écriture. "Mother Funker" n'est alors qu'une ébauche, et le solaire de "Jésus et Tito" est encore loin de pointer son nez.

Le sous titre " comment réussir son exil en 25 leçon" est bien réducteur, ce sera mon seul bémol, en annonçant une sorte de pirouette humoristique sur le thème. Pourtant, il n'y a nulle rancœur dans le fil des souvenirs choisis par l'auteur à l’image de son alter égo, ce jeune poète en colère, qui dans la case "projet" de la fiche à remplir pour suivre les cours de français pour adultes analphabètes, écrivait "Goncourt".

Monsieur Vélibor, vous n'avez pas encore eu le Goncourt, mais vous êtes un poète aux étoiles, de ces étoiles qui disent l'exil comme peu.

25/08/2015

Ederlezi, Vélibor Colic

ederlezi,velibor colic,romans,romans français,pépitesUn livre peut faire rire (rarement ceux que je lis, mais je sais que ça existe), un livre peut faire pleurer (mais j'ai le cœur dur), un livre peut faire peur (mais vu les horreurs que je suis capable d'avaler sans broncher, mon taux de résistance est assez élevé), rarement un livre donne envie de danser ... Ben celui-ci, si. Et pas seulement parce qu'il y en question d'un orchestre et d'un chanteur hors des temps, dont l'élégance tapageuse n'a d'égal que sa volatilité sentimentale, mais surtout grâce à la valse endiablée des personnages qui l’accompagnent, qui ont le diable des mots au corps.

A la manière d'un Emir Kusturica (la comparaison est inévitable et je pense, voulue par l'auteur, par ailleurs, fin connaisseur musical), Vélibor Colic les fait sortir de son chapeau, un village à trois noms " Baïramovitch, Baïrami et Baïramovski". Les trois noms donnent le ton, car ce village "tantôt en Macédoine, tantôt dans l'empire ottoman, souvent en Yougoslavie, mais aussi parfois dans le royaume serbe", est "rêvé, mais aussi réel". De ce lieu, surgit la valse tzigane, qui est aussi la valse de tous les possibles. On l'aura compris, c'est du pays de la fusion de ces cultures massacrées par les guerres et les totalitarismes, que Vélibor Colic veut nous faire rêver, du temps d'avant, glorieux de ses oripeaux.

Ils sont dépenaillés, encanaillés, peu recommandables, pendables, vulgaires et sublimes, les musiciens qui se succèdent dans ce récit fantasque, entre conte et sarabande. Ils sont menés par un mort qui a déjà été tué trois fois, sauf que cette fois-ci, c'est la dernière ... Celui qui s'est survécu tout au long de ses réincarnations, tout à tour Azlan Tchorelo, Azlan Bahtalo et Azlan Chavoro, a été rattrapé par par la réalité, dans le camp de Calais, dans nos jours qui tuent les rêves. Avant, il a tout vécu en grand seigneur de la misère. Eternel amant infidèle, buveur et soiffard, il a mené ses trois vies comme on se laisse emporter par la gouaille de la langue de l'auteur. Depuis les années 1900, il a porté de sa voix les violons de ses comparses de fêtes en drames. Figure du juif errant, du banni, du sauveur damné, il est un concentré de figures littéraires qui aurait croisé dans sa course le Mangeclous et le Solal de Cohen. 

Ce titre, qui est aussi celui d'une chanson bien connue grâce au "Temps des gitans", contient le même charme, celui qui incante la joie triste et folle de temps qui auraient pu être. Merci monsieur l'auteur d'avoir mis en mots cette "comédie pessimiste" aux accents de fanfare perdue.

20/08/2013

Sarajevo Omnibus Vélibor Colic

sarajevo omnibus,vélibor colic,romans,romans historiques,romans bosnieAprès un roman « a capela », « Archanges », Vélibor Colic ( prononcer « tcholitch ») dit avoir fait un roman en forme d’  « omnibus cinématographique » : il transporte effectivement pas mal d’images et comporte cinq wagons : un pont, un archiduc, un livre sacré, un salaud de la pire espèce, et enfin, un affabulateur mirifique, entre autres voyageurs dans le temps. L’espace, lui est immobilisé : Sarajevo.

Moi, je dirai plutôt ( n’en déplaise à l’auteur) que c’est un livre vitrail avec des vitraux qui tournent comme un kaléidoscope. (Mais non, cela ne donne pas le

Et pourtant, c’est autour d’un fait que l’on relie plutôt  généralement à la grande histoire occidentale que l’auteur brode sa toile de petites silhouettes aux couleurs vives : l’assassinat de l’archiduc Ferdinand, héritier de l’empire austro-hongrois, et de sa femme, la toute germanique Sophie. Cette journée, elle est tournée dans tous les angles, vues par les à-côtés, abordée tournis, parce que c’est drôlement bien fait, ça danse). En tournant autour d’un même évènement, Vélibor Colic multiplie les facettes de l’histoire en la concentrant dans la ville de cette ex-Yougoslavie qui est en réalité ( dans le livre, donc) une civilisation à elle toute seule. Je ne sais pas à quoi ressemble Sarajevo, mais ici, c’est le lieu de l’orient aux accents européens : juifs séfarades, musulmans, chrétiens s’y croisent et s’y côtoient mêlant leurs héritages.sous tous les angles des morts, les deux célèbres, plus une autre anonyme, ou plutôt oubliée par la Grande Histoire de l’Occident. L’auteur la rattrape par la petite, toute aussi grande.

Il commence par un premier tableau d’un livre d’images, ou plutôt d’enluminures presque effacées : la construction du pont latin, le lieu où ripèrent les cinq balles bien des siècles plus tard, où le ton est plus sûrement celui d’un apologue, oriental, toujours, que celui d’une fresque historique. Il se termine par une morale qui m’a fait sourire : « Dieu nous donne des mains, mais il ne bâtit pas de ponts »

Puis l’auteur se rapproche de la chronique historique. Il s’en va faire resurgir le groupe des comploteurs de « La main noire », à l’origine de l’attentat, son fondateur, Apis, buveur et fumeur de cigarettes à bouts dorés, un comparse, futur écrivain prix Nobel, égaré en ce monde, l’instigateur russe, vieux beau d’un monde finissant avec lui, et puis celui qui va tirer, Gavrilo Princ. Puis, il zoome sur ceux qui étaient là, sur le pont, qui ont vu quelque chose ou ne se sont doutés de rien : un curé, ex-fêtard converti, un imam qui a peur de sa femme, et surtout le rabbin, Abramovicz. Le rabbin, il s’est réveillé ce matin là dans les brumes des plumes des rêves sans savoir que ce jour serait celui où il recevrait la cinquième balle, celle qui a été perdue par l’histoire. Ce rabbin est le gardien de la Haggadah, le livre venu à Sarajevo avec l’exil des juifs, depuis l’Espagne, depuis ce qui a paru être une terre d’exil à une autre terre de paix. Il a une âme d’enfant et une barbe blanche. Sa sagesse lui vient des temps d’avant. On va même jusque dans la voiture impériale, pour boucler la boucle et repartir dans l’avancée de l’histoire, de la ville et donc du monde.

Le fil que tire ensuite Vélibor Colic est celui du deuxième gardien du livre, la toujours Haggadah, le tapis magique de l’histoire. Cette fois, il est poursuivi par la folie nazie incarnée dans un sinistre sire à la pâle figure, Ernst Rosembaum. Face à lui, l’auteur plante la figure du martyr, Daoud Cohen,  et d’un Imam, complice d’un sauvetage livresque qu’Indiana Jones n’aurait pu imaginer (trop simple pour un vrai héros).

Toute la simplicité de la fraternité perdue se déploie dans le dernier fil, la fable historico-épico-burlesque du grand père maternel de l’auteur, revue et corrigée par lui-même, une légende dorée qui  parle de femme serpent que les, d’une montre perdue telle Jonas dans les flots, de multiples morts toutes plus héroïques les unes autres, et d’une traversée de l’Italie en vélo.

Tout cela en peu de pages, c’est dire si on en a pour ses quelques sous d’Histoire et d’histoires pas historiques mais malaxées d’odeurs d’un temps qui était celui d’avant, celui que Vélibor Colic reconstruit comme un pont, à son tour : « Ce n’est qu’une fiction. J’ai voulu l’imposer comme une histoire vraie, parce que, par essence, chaque roman est vrai ». Et toc !

10/06/2013

Archange Vélibor Colic

michel-ange-jugement-dernier.jpg" La teinte du papier sur lequel cet ouvrage a été imprimé est le résultat d'une recherche soucieuse d'un plus confort de lecture : le coéfficient de lisibilité est en effet jugé optimal, sous condition d'un bon éclairage ambiant". Normalement, quand j'ai fini un roman, je le sais, je ne reste pas les yeux fixés sur le numéro d'impression, ni sur le code barre, je ne cherche pas où peut bien se situer Mercuès (France) qui abrite l'imprimerie France Quercy. Normalement. Seulement là, j'ai relu au moins deux fois ces quelques lignes expliquant le choix du papier rose, au lieu du blanc. Puis, j'ai fini par comprendre, que ça parlait du rose, pas du confort de lecture de ce que raconte les lettres sur le rose, et que l'éclairage ambiant, je l'avais dans le baba.

Ce n'est donc pas un livre normal. C'est un roman a capella, à quatre voix successives. La première est celle d'un presque mort, un homme devenu singe crouteux mangé par sa vermine du corps et de la tête. Un sale type, dégueulasse qui s'est cru être un homme pendant la guerre de l'ex-Yougoslovie. Maintenant, il est clochard sur un banc, à Nice, on le prend pour un fou, on le surnomme "le Russe". Il n'est plus rien qu'objet de dégoût. Avant la guerre, il était ministre et poète. Pendant la guerre, il était un tueur illuminé. C'est un type qui dit : " Le baratin sur le crime et le châtiment, mon oeil, rien qu'une fable inventée pour les victimes" (pas "par", "pour"). C'est un type qui dit qu'il pourrait compter jusque 100, 200, mille, ses crimes, les "orgasmes concentrés à la pointe de (son) couteau, les seins et les oreilles qu''il) a coupé comme s'(il) avait taillé la tendresse". Mais il parle du premier, le numéro un, il est hanté par lui, l'histoire de la jeune fille violée, celle qui avait l'air d'une fleur.

Le second homme qui parle, qui geint plutôt, c'est Le Duc. Celui qui avait dit "Une fleur mon cul" et qui était passé en deuxième, justement, alors que le premier avait à peine fini et qu'elle avait déjà les ailes coupées.Le Duc est à présent réduit à un tronc, dans un hopital. Il tête un biberon en cherchant à mordre la main qui le lui tient. C'est un type qui dit : " Je suis un tronc, il n'y a pas de chances qu'un jour j'attrape des rhumatismes. Ou que je pue des pieds. Avant la guerre, il était au gouvernement. Pendant, il avait décoré son chien et parfois il le chevauchait, pour rire. Maintenant dans ses rêves, un ange vient pour le baiser et l'enculer. Mais le rêve s'arrête avant.

Le quatrième est le fils du troisième. Celui-là, il est mort, alors il apprend l'enfer, en attendant mieux. Il était passé en troisième. Elle était déjà morte.

La troisième voix est celle de l'ange, Seuka. Elle dit : " Avant, j'avais les yeux d'une biche, la taille d'une guêpe et la bouche d'une fraise mûre". Maintenant, " je suis cette merde qu'on appelle une âme. Je pue ... Dieu existe et c'est un chien". Elle erre entre les deux mondes, l'Enfer et son bourreau, ses bourreaux et ses victimes.

Les mots des quatre voix s'enlassent et s'entrelassent en  une poèsie qui serait morbide si elle n'était incantatoire. Il faut juste ne pas fermer les yeux pendant quelques pages, comme quand on a envie de fermer les yeux parce que les lumières sont trop fortes et éclairent ce que l'on ne voudrait surtout pas voir pour après se retrouver encore vivant. C'est un roman aussi écorché que lumineux, un roman qui raconte le temps d'après celui de "Jésus et Tito", les deux côtés de l'histoire. 

 

23/08/2012

Jésus et Tito Vélibor Colic

jésus et tito,vélibor colic,romans,romans autobiographiques,romans croatesVélibor Colic ( désolée, Vélibor si tu passes par ici, mais je ne peux pas mettre sur ton nom les accents qui y sont normalement), on l'a entendu au festival malouin, l'année de la "littérature des Balkans" ou quelque chose comme ça ...Enfin, entendu n'est pas vraiment le mot. ce type, une espèce de musclor efflanqué écorché vif à l'accent râpeux, revenait de la guerre "de Yougoslavie", celle que nous on avait vue à la T.V. en la trouvant absurde, étrange, lointaine, une guerre d'un autre âge, celui des guerres de religion, une sorte de Moyen Age à nos portes. Sauf que lui, il avait été dedans et que nos culpabilités de nantis, c'était pas son truc. Il crachait ses mots comme on crache des balles. J'ai acheté son livre "Mother fucker" et n'en est pas gardé un souvenir impérissable, l'impression d'un truc tout foutraque et tout en sueur, la rage, plutôt qu'une écriture.

Du coup, "Jésus et Tito", bof, pas trop envie .... Alors A.M.L. me l'a prêté (un bon dealer anticipe les futures envies de sa cliente). Sur la quatrième de couverture " à la croisée d'"Amarcord" de Fellini et de "Je me souviens" de Georges Perec".Va falloir tenir les références, je me dis, je repose pour plus tard.

Plus tard : j'ai complétement, totalement, adoré ce livre, Fellini, Perec, pas besoin, il écrit drôlement bien tout seul, Vélibor. Des polaroïds se succèdent, fanés, enjolivés, l'auteur le revendique, la mémoire se réécrit : "Une seule évidence, la mémoire est aussi Histoire. Sauf qu'on ne la vérifie pas". Comme on ne peut dire son projet mieux que lui, passage citation : " Relativement tôt, à vingt-huit ans, je me suis rendu compte que tous mes souvenirs, mon enfance, toute ma vie d'avant, appartenaient au Jurassic park communiste, disparu et enterré en même temps que l'idée de la Yougoslavie, pays des Slaves du Sud. Notre histoire se déroule entre 1970 et 1985, durant les quinze années qui ont annoncé la fin d'un monde qui nous paraissait pourtant sûr et éternel, le monde du socialisme à la yougoslave"

 De ses rêves d'enfant, il dit : "Je m'imagine de superbes batailles. L'armée allemande d'un côté, avec des canons, des tanks et tout ça, et de l'autre côté, le maréchal Tito, Tarzan et Pelé. De sacrées bagarres, il faut dire. (....) Toute notre patrie à feu et à sang. Et à la fin - la victoire". De sa vision politique, il dit : " Quand on mange bien, c'est du catholicisme. Et si on n'a rien à manger, mais qu'on chante et qu'on danse, c'est du communisme".

Il fait défiler les habitants de son village ; le voisin flic qui bat sa femme, comme tout le monde, le pope, le curé, l'imam ; sa bande de copains, gamins aux miettes de soleil dans les cheveux, pas encore serbes, croates ou musulmans, juste les forts qui cognent sur les faibles ; ses rêves , devenir un footballeur noir brésilien ; l'école, l'instituteur qui carbure au raki ... Puis l'adolescence fait surgir des filles à la peau dorée sur les rivages de la Baltique, puis, les rêves changent, Vélibor se veut poète, punk et maudit. Tito est mort et dans son fantôme se dissout l'illusion de l'unité yougoslave. Les souvenirs s'arrêtent juste avant que la guerre ne commence. D'elle, l'auteur ne dit rien et pourtant, depuis le début, elle est là, elle structure l'amour pour un temps qui ne sera plus,on le sait, pour des lieux qui seront ceux des destructions et des massacres. "La belle ville de Mostar sent déjà la figue et le romarin, le miel d'acacia et le sucre bien caché dans la glace à la vanille". On entend le bruit des bombes par en-dessous les mots.

Athalie