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26/03/2013

Vie animale Justin Torres

justin torres,vie animale,romans,romans américains,famille je vous haisUn livre qui fait tout pour être vite, très vite lu, et comme il n'est pas bien gros, il faut lui résister, pour le faire attendre un peu et bien de le déguster, mais ce n'est pas facile ( moi, je n'ai pas vraiment réussi)

Dans une famille quelque part dans une grande ville américaine, une famille porto ricaine, sans doute, pauvre, ils sont trois frères quasi livrés à eux mêmes, les parents font tout de travers, même les aimer, même s'aimer, parfois, se déchirer, jurer sur leur sort de déshérités et y retourner toujours.

Des trois frères, le narrateur est le plus jeune, le plus jeune de cette fratie animale, dont l'écriture rend une force brutale, une sorte d'incandescence urgence à se rouler dessus comme à être ensemble, trois frères ...: "Quand était trois frères (...), on était le nombre sacré de dieu

Ma et Paps se sont trouvés bien jeunes parents, Ma est un peu folle, un peu fragile,  Ma n'a pas toujours le sens de l'ordre du temps, Ma confond les rôles, Paps est violent, Paps rage, Paps tourne en cage. Elle laisse les chiots que sont ces fils s'ébrouer, lui tente parfois de les mater quand il ne se met pas à les laver frétiquement, comme pour rattraper un amour. Les chiots s'ébattent, se griffent, se mordent, les mordent, parfois, quand ils le peuvent. Mais " Quand était trois frères, on était le nombre sacré de dieu", " Quand on était trois frères, on était mousquetaires", " On était les trois boucs qui traversent le pont".

Le roman se construit sur des scénettes rapides : début, milieu, fin d'une petite histoire tendre ou, et cruelle, ou tout en même temps mélangé, entre eux les trois, les quatre, les parfois cinq, pour un temps bref d'accalmie. Paps achète un pick-up pour la frime, Ma hurle, et la famille s'en va rouler dans la nuit fraternelle, Paps s'en va, Ma laisse le téléphone sonner jusqu'à leur en casser les oreilles, Ma rêve d'Espagne et ne va pas plus loin que le bout de la rue. Paps tente veilleur de nuit, Ma rentre ivre et s'occupe de ses orteils ...

Rien ne semble pouvoir bouger dans cette bulle de rancoeur et d' échecs, jusqu'à ce que, le narrateur ne lève le voile, leur avenir ne sera pas le sien, il rompt la bulle, on comprend que ce sera cher payé.

 

Athalie