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15/02/2016

Des mille et une façons de quitter la Moldavie, Vladimir Lortchenkov

des mille et une façons de quitter la moldavie,vladimir lortchenkov,romansBurlesque et pathétique, la Moldavie est un pays que l'on quitte, ou plutôt que ses habitants cherchent sans relâche à fuir, pour une vie meilleure, vers une utopique Italie, qui d'ailleurs, selon certaines rumeurs, n'existerait même pas. Du moins, pas exactement telle que les Moldaviens se l'imaginent, c'est-à-dire comme un paradis du porte feuille avec vue sur l'avenir. On dit même que certaines moldaviennes y perdraient leur vertu et que les Moldaviens n'y gagneraient pas grand chose. Mais peu leur chaut, les villageois de Larga s'accrochent au pays de Cocagne, vu qu'ils n'ont le choix qu'entre cette fuite là ou rester visés au pays d'Ubu, entre des choux et des choux.

Des mille et une façons tentées par les ingénieux candidats à l'immigration, l'auteur dresse un catalogue loufoque ; pseudo équipes de carling, pseudos voyages organisés, les moldaviens sont autant victimes de leur rêve que des arnaques des passeurs, ils tentent tout, du trafic d'organes à la croisade de gueux qui tourne à l'orgie contre utopique. Les frontières restent infranchissables, pour qui n'a pas la foi en son propre pays.

Seule l'épopée de Vassili et séraphin apporte un souffle un peu plus romanesque à la litanie des échecs sans gloire. Les deux compères transforment un tracteur en avion, bloquent les trains à la vitesse de leur rêve, se carapatent en sous marin sans amphibie, caressent les étoiles de mer ... Et si Séraphin n'a pas vu l'amour de Stella à temps pour comprendre qu'il avait le bonheur à portée de main, c'est que l'aventure l'aveuglait, bien plus que le but qui s'échappait.

On l'aura compris, il s'agit d'une fable politique. Le ton se veut grinçant et satirique, à la façon d'un conte philosophique sur les illusions de l'exil économique. On est censé en rire tout en réfléchissant. Et je ne suis pas certaine d'être le bon public pour ce genre d'écrit. c'est mon côté poisson rouge, j'ai du mal à sourire en cogitant, et à faire l'inverse aussi.

Donc, ce sera, sans jubilation pour moi, ni consternation non plus, je n'ai juste pas suivi la sarabande endiablée des pauvres hères drôlatiques qui voulaient aller brouter ailleurs ...