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05/09/2013

L'attentat Yasmina Khadra

plage-Tel-Aviv-1-.jpgLongtemps j'ai cru que Yasmina Khadra était une fille. Ce qui n'a strictement aucune incidence, ni sur son oeuvre ( je le suppose, du moins ...), ni sur ma lecture, évidemment, c'est juste pour dire que je connais très mal cet auteur, que je n'ai pas lu les fameuses "hirondelles de Kaboul", que ma copine A.B. m'a si chaudement recommandé, avant de se lasser, et moi, d'entamer le bifteck par un autre bout, du coup. J'ai pris "L'attentat".

Le narrateur est le docteur Amine. Le docteur n'a rien d'anodin, il cumule : il vit à Tel Aviv, il est un chirurgien renommé, il est marié et heureux de l'être avec cette femme-là (il aurait pu une autre, il aurait tout pu, mais non), il habite une belle maison dans un quartier qui montre sa réussite, il est respecté par ses collègues, surtout par une, il a des amis solides. Il est un modèle de l'intégration. Amine est d'origine bédouine, pauvre, musulman, palestinien, quoi ... Et il a choisi la nationalité israélite et la réussite, pas par opportunisme, mais parce qu'il voulait être médecin, et qu'il y croit. Un social traitre innocent, en quelque sorte.

Un jour, le ciel lui tombe sur la tête, pas que sur sa tête à lui, d'ailleurs, mais on dirait que si, pourtant. Tel Aviv, un attentat kamikase, dans un restaurant, une femme a fait exploser un groupe d'enfants, et il se trouve que cette femme, c'est celle d'Amine, sa douce moitié, croyait-il, si discrète modeste, si belle, si heureuse, croyait-il. Dire qu'il en tombe des nues est peu de chose. Le sol s'ouvre devant ses yeux et il peine à comprendre, ce que l'on peut comprendre. Il n'a rien vu, rien entendu, rien compris, il cherche à voir, à revoir à postériori ( ben oui, forcément ...), ce qu'il n'a pas vu, le signe qui disait que, le moment où il aurait pu voir, peut-être empêcher ... Il cherche des traces, à qui la faute, met ses pas dans ses pas à elle, qui l'a entrainée, à qui la faute, pas la sienne, celle des autres, de quels autres, des autres terroristes, futurs kamikases, eux aussi. Il retourne sur ses pas à lui aussi, une quête vers l'impossible réconciliation du petit arabe et du médecin israélien, de papiers officiels, du moins.

Autant le dire tout de go, Amine ne m'a pas entraînée dans sa quête. Trop centré sur lui même, sur ses racines à lui, ses motivations à elle. Le sujet, le terrorisme ( ce qui n'est quand même pas évident), m'a paru trop superficiellement traité. Je sais, ce n'est pas un documentaire, ce n'est pas un reportage, mais pour moi, normalement la fiction apporte une force à la réalité, surtout l'incompréhensible, mais là, pour moi, elle est à courte vue. Un homme aime une femme et s'aperçoit qu'il ne la connaissait pas, qu'il ne connaissait son pays, qu'il n'avait pas vu le mur, la pauvreté, la haine ...

Une lecture qui m'a génée par la restriction de l'angle d'attaque, qui m'a semblé réducteur.