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28/11/2015

Zaï zaï zaï zaï, Fabcaro

zaï zaï zaï zaï,fabcaro,pépites,romans graphiques,bandes dessinéesTout commence au festival quai des bulles. Avec fifille, on s'arrête devant un stand pour une raison hautement littéraire. C'est le stand des éditions "6 pieds sous terre" et leur logo est un ornithorynque. Fifille est raide dingue de cet étrange animal, hors des registres connus (de moi) et si mignon ( d'après fifille). En recherche d'une éventuelle peluche de la bêbête pour enfin satisfaire une demande pluri annuelle récurrente ( une fois à son anniversaire, une fois à Noël), je tombe nez-à-nez avec une bande dessinée, ce qui est déjà plus dans l'ordre des choses normales qu'avec un ornithorynque, et avec l'auteur qui signe à tour de crayon. Mue par un geste conditionné, j'achète. Jamais geste conditionné ne fut plus inspiré .... Mais tenter un résumé du truc est quasi aussi frappadingue que de chercher une peluche  dans un festival de B.D ...

Tout commence parce que le héros, anonyme client d'une caissière banale, a oublié sa carte du magasin. Pas la carte bleue, mais celle du magasin, ce qui fait de lui un criminel anti-social contre qui toutes les forces commerciales se lient, de la caissière au vigile. Le héros a beau clamer qu'il l'a simplement oubliée dans son autre pantalon, rien n'y fait, il tente de résister avec un poireau qui n'en demandait pas tant, mais rien n'y fait non plus. Une seule solution, la fuite.

Le road movie commence, sans ressources, sans aides, solitaire, Fabien est traqué, déclaré coupable en un enchainement sans faille d'évidences ( ben oui, il a oublié sa carte ...) mais crime de quoi ? de lèse tout court en fait, même pas de lèse-poireau ni de lèse magasin, de lèse société, en gros. Les chaines d'actualité s'emparent du moindre témoignage de ses proches, et même de témoins qui n'étaient pas là et qui ne savent rien, ce qui n'est pas une raison pour ne pas s'exprimer, tout le monde condamne. La vie privée Fabien est étalée, jusqu'à sa raie des fesses, et lui même, se conspue, battant sa coulpe de coupable à la révolte burlesque.

Du poireau à Joe Dassin, tous les poncifs de la satire sont déjoués, la parodie elle même est décalée et chute dans de très courtes répliques qui tombent juste là où on les attendait pas. J'avoue, j'ai ri, mais vraiment ri, mon homme a ri, fiston a dit, "mais qu'est-ce qu'il a de drôle ?" et fifille "Y'a même pas d’ornithorynque ..."  Pas grave, je vais leur faire faire une cure de Joe Dassin et une soupe aux poireaux, ça les fera grandir !

En effet, voilà une B.D. que je ne regrette pas d'avoir rencontrée, elle gêne les entournures, elle empêche de raisonner en rond, elle traverse en dehors des clous !

Bon, je ne dis rien du dessin, parce que je suis nulle en B.D et encore plus en description de dessins, mais je mets un exemple ( Luocine, une pensée à toi ...) et je trouve quand même, pour oser un jugement simpliste, que l'uniformité des couleurs et des traits va drôlement bien avec le propos.( que l'on ne lit pas, d'ailleurs, Luocine a raison = la malédiction de l’ornithorynque a frappé !)

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